Tel un enfant apprenant sur différents plans, on peut penser que dans le psychisme collectif, l’acquisition dans un domaine induit un statu quo dans un autre, voire une régression.
Ainsi l’ère du christianisme a été pendant 2 000 ans l’occasion pour l’homme de progresser dans le domaine de l’esprit et le côté masculin de l’être humain. Il faut penser que l’avenir nous donnera le défi d’intégrer notre raison et mental et le corps et la féminité, afin de réaliser notre humanité et de préserver notre Terre, marquée comme notre corps du sceau du féminin.
Jung et d’autres auteurs dans son sillage ont largement traité du lien entre les images de notre psyché et le symbolisme des périodes historiques chrétiennes et notamment du XVIe siècle et ses alchimistes. Les trois articles « Art et religion en Gaule » qui précèdent traitent d’une période antérieure sur notre territoire. Le symbolisme propre à la religion et à la spiritualité de cette période pré-chrétienne apparait encore dans nos rêves (notre inconscient collectif). Il s’agit d’éléments refoulés collectivement du fait du christianisme (exemple : les déesses-mères). Peut-être faut-il repasser par là pour pouvoir d’une part comprendre certains symboles de nos rêves et d’autre part avancer dans l’intégration du féminin et du masculin en nous et dans le monde.
Vierge Noire D’Auvergne, survivance des déesses-mères pré-chrétiennes
Jung disait fort justement que pour comprendre une époque dans ses dimensions réelles et symboliques, il pouvait être utile de se placer à l’extérieur, que ce soit géographiquement ou temporellement.
Voici donc un résumé de quelques symboles pré-chrétiens pouvant apparaître dans nos rêves et présentés dans les articles pré-cités.
Première strate : symboles pré-celtes.
Les déesses-mères (culte solaire) pouvant apparaître en rêve (parfois hermaphrodites) sont à la fois liées à la vie et à la mort. D’autres aspects des cultes pré-celtes sont de nature animiste : le caractère numineux des animaux, sources (eau) et arbres remonte donc à cette époque. Les pierres levées peuvent représenter un lien entre ciel et terre, et on peut penser que les pierres présentaient un aspect divin.
Seconde strate : symboles celtes/gaulois
Malgré la présence de déesses féminines comme Epona, déesse jument psychopompe (guidant les morts vers l’autre vie) qui est une descendante probable des déesses-mères, la religion gauloise montre un plus grand nombre de divinités masculines : les trois plus grands dieux en Gaule étant masculins : Taranis dieu du ciel/bataille/mort, son nom signifie tonnerre et son symbole est la roue, c’est un dieu chtonien de la vie et de la mort ; Teutatès, dieu des techniques et du commerce ; Hesus, « le maître ». L’aspect chtonien, sous-terrain et ambivalent (bien/mal) est toujours présent, contrairement à la religion chrétienne, où seul le Bien est associé à Dieu (surtout dans le nouveau testament), tandis que le mal est scindé et associé au Diable. On nie donc dans cette religion la part d’ombre et de mal en l’homme et en Dieu. Le symbole du Soi jungien (roue, rosace, triskell, etc.) est déjà présent dans cette civilisation gauloise. Les gaulois ne représentèrent pas dans un premier temps leurs dieux sous forme humaine. Ainsi Cernunnos est un cerf puis un homme portant les bois de cerf, animal symbolisant la richesse et la mort. C’est un dieu de la mort et de la résurrection. Contrairement au christ, il est chtonien. Tarvos Triganaros, le taureau aux trois grues, était vraisemblablement auparavant un taureau aux trois cornes, qui selon la légende meurt sacrifié. Les trois cornes font penser aux trois serpents d’énergie présents dans le corps selon la spiritualité asiatique, et qui doivent être réunifiés dans le canal du centre pour l’ouverture du troisième œil. Les sacrifices, notamment humains, perpétrés à cette époque (Teutatès : étouffés, Taranis : brûlés, Hesus : écartelés), ont leur équivalent dans la psyché humaine et montrent que tous les éléments de cette psyché étaient alors projetés et pris au premier degré. Les ex-voto offerts par les gaulois aux divinités (petites statues) en remplacement des vrais sacrifices me font étrangement penser au petit bonhomme statue que Jung gardait religieusement lorsqu’il était enfant. Le sacrifice a également un écho dans la religion catholique avec le Christ.
Les druides avaient une morale développée, ce qui laisse penser à la lumière de ce que l’on sait de l’individuation qu’ils avaient unifié les différentes parties de leur humanité (corps/âme/esprit).
D’autres symboles gaulois existent : la colombe, la barque, passage vers l’autre-monde, etc.
On peut faire un parallèle avec les « 8 anges » du Yi King, 8 figures divines de ce système asiatique de divination en comprenant 64, élaboré par des sages au premier millénaire avant JC. Les deux divinités parents sont le ciel et la terre. Les trois fils sont le vent, le feu et le lac, et les trois filles le tonnerre, l’eau et la montagne.
Pour connaître le sens de ces symboles naturels millénaires qui apparaissent encore dans nos rêves, on peut se reporter au site de Tristan Moir :
L’aspect solaire des divinités devient plus proprement masculin, les déesses-mères sombrant dans l’inconscient et devenant ainsi lunaires.
Leur panthéon est plus connu et contemporain de la naissance de la religion chrétienne.
Poséidon/Neptune
Quatrième strate : les religions orientales
Sur notre territoire, ont été vénérées aux premiers siècles de notre ère :Isis, déesse égyptienne de la mort et de la résurrection, Mythra, déesse du bien et du mal, déesse de l’armée et Cybèle et son parèdre Attis, pour qui on faisait des sacrifices de taureaux et rituels autour du sang (parallèle avec le Christ). La couleur violette et l’immortalité visée étaient associées à ce duo. Le sang devenu violet, couleur de résurrection fait penser à la couleur finale du processus suivi par les alchimistes : après l’œuvre au rouge, la teinture devait prendre une teinte pourpre pour la phase finale de la pierre philosophale.
Le Christianisme venu d’Orient amène comme d’autres cultes orientaux la notion de Salut : le comportement moral et les efforts jouent sur le futur des trépassés outre-tombe.
Le christianisme s’essouffle en Occident, malgré une tentative de renouvellement au XIXe siècle. Le XXe siècle a amené son lot d’événements rendant une partie des chrétiens incrédules quant au fait qu’ils soient accompagnés par Dieu. Nietzsche a formulé avec sa phrase lapidaire « Dieu est mort », le fait que la projection des contenus numineux contenus dans la psyché humaine a peut-être fait son temps…Ces symboles pré-chrétiens, j’en ai rêvé pour certains. Les deux plus chargés de numinosité étaient un rêve de rochers tombant du ciel, et un autre, où est apparue une déesse-mère hermaphrodite. Je reviendrai plus longuement sur cet archétype dans un article à part entière, car j’ai l’intuition qu’il est important pour notre époque, et il s’agit de celui qui m’intrigue le plus au-delà de la signification qu’il a revêtu au moment de ce rêve dans ma psychologie personnelle. D’autre part, je sais que je ne suis pas la seule à notre époque à rêver de ce genre de figure.
J’ai également vécu l’expérience un jour de 2015, dans un moment de conscience modifiée (avant une vision isolée et perturbante relatée dans la catégorie « phénomène psi ») que le divin ne se dirigeait pas seulement vers le ciel, mais bien aussi très profondément dans la terre. Dans le bien ET le mal.
La vie poussant sur la mort
Je pense donc que chacun peut dans l’exposé de ces croyances pré-chrétiennes trouver une profondeur à certains symboles de ses rêves et que nous aurons tout intérêt à nous pencher sur ceux avec lesquels on peut ainsi renouer pour y retrouver le féminin d’une part (La Vierge Marie, Eve la pécheresse et Lilith la damnée ne sont pas suffisantes pour représenter l’éternel féminin incarné) et l’unité bien/mal qui ont été artificiellement séparés durant 2 000 ans de christianisme, pour tenter de les apprivoiser et les intégrer en notre humanité. On y gagnera peut-être un meilleur traitement des femmes (1 viol toutes les 8 minutes en France), une meilleure canalisation de notre violence innée et une prise de conscience écologique au-delà des 3 pour cent d’électeurs aux dernières législatives…
Lorsqu’on prête attention à ses rêves et à cette partie de nous présente à l’arrière-plan, il y a tout d’abord une phase, longue de quelques années, où le symbolisme va émerger sans discontinuer. Durant cette phase sont ramenés à la surface des éléments concernant notre histoire et nos problématiques, et à travers lesquels on apprend à mieux se connaître, à découvrir et redécouvrir nos points forts, nos blocages et nos failles. Une partie du contenu concerne aussi notre famille, dans le sens d’une transmission trans-générationnelle. Tout cela inclut des éléments négatifs, comme positifs, qui sont compréhensibles au moyen de la symbolique : on va rêver de nos parents, de voiture, de maison, etc.
Cette dynamique chez moi a duré approximativement 3 années à l’âge adulte (de 34 à 37 ans environ, mais j’avais depuis l’adolescence prêté attention à mes rêves sauf pendant les périodes très actives et constructives à l’extérieur, durant lesquelles ceux-ci se manifestent moins). Puis, à partir d’un rêve archétypique extrêmement fort, parallèlement aux contenus symboliques, ont commencé à apparaître des éléments que je ne pouvais plus comprendre à la lumière du symbolisme.
Pour ce rêve en particulier et d’autres qui ont suivi, j’ai mis plusieurs jours et parfois beaucoup plus longtemps à en comprendre le rapport avec les mythes, les religions, l’inconscient collectif, dont ils se faisaient pourtant l’écho, puis à en comprendre le sens me concernant.
Revenons tout d’abord sur ce rêve inaugural ou résolutoire, très important quoiqu’il en soit, (à la manière du premier rêve que je fis à l’âge de 5 ans) dont voici les grandes lignes.
Je suis dans un jardin, non loin de dans ma maison d’enfance, avec mon mari et nous jardinons. Un petit varan tourne autour de notre jardin, son itinéraire est carré. Il grossit au fur et à mesure qu’il avance. Arrivé aux trois quarts de son carré, devenu énorme, il se précipite vers moi. Terrorisée mais déterminée, j’attrape un bâton très large pour me battre contre lui, je réussis et il disparait.
Un peu plus tard, je m’aperçois que de nombreux rochers, très gros, passent dans le ciel. Je comprends qu’ils vont tomber et je crie à mon mari de venir se réfugier avec moi dans la maison (d’enfance). La porte-fenêtre est fermée, je crie à ma fille d’ouvrir mais elle ne comprend pas. Quand finalement elle ouvre, on entre in extremis. Mon mari a failli mourir et ma fille cadette, qui était aussi à l’intérieur, est blessée à l’œil.
Plus tard, dans la cuisine, nous sommes assis à la table. En face de moi, à la table familiale à la place de mes parents, un couple d’amis plus vieux que moi est assis.
Au réveil, je suis choquée par ce rêve très violent, qui me retourne pendant plusieurs jours. Ses contenus me bouleversent, me font craindre pour ma santé mentale. Le bruit assourdissant des rochers dans le rêve est inédit. Jamais je n’ai rêvé d’un bruit si tonitruant. L’émotion contenue dans celui-ci est immense également. Il est inutile de mentionner que ce rêve est composé de trois parties, en triptyque et donc qu’il s’agit d’un « grand rêve » tant son impact sur moi est grand.
A la différence des rêves symboliques de l’inconscient personnel, je ne trouve aucune explication dans mes recherches symboliques concernant le « varan géant » ou les « rochers tombant du ciel ». Plusieurs jours plus, tard, je pense au mot « Apocalypse ». (Je n’ai pas eu d’éducation religieuse chrétienne et cela m’est donc venu tardivement, alors que je continuais à penser à ce rêve et à me questionner à son sujet.) Je me rends sur le site de Tristan Moir, où on peut écouter des extraits d’émissions d’interprétation de rêves et y trouve deux cas de rêve d’Apocalypse. L’interprétation fait par Tristan parle de l’effondrement de la personnalité (névrosée ? Enfantine ?) initiale, laissant la place certes à un vide provisoire mais aussi à la possibilité de construire notre vraie personnalité. Le parallèle avec l’Apocalypse, la fin du monde a cette signification : il s’agit de la fin d’un monde, celui de l’enfance. D’autre part, étymologiquement, « Apocalypse » signifie « révélation ».
Rassurée, je reprends mes activités. Il s’agit d’un des deux rêves les plus importants de ma vie. D’où vient cette image, cette situation d’Apocalypse : pas du catéchisme, pas vraiment de ma culture personnelle, car pour moi, il s’agissait juste de « rochers ». Et lorsque le varan me fit penser à St Georges et le dragon, ce fût des mois plus tard…
Cathédrale de Bâle, où vécut Jung (Suisse)
Toutes ces images ne sont pas des symboles. Il s’agit de situations archétypiques issues de l’inconscient collectif, la différence en est que d’une part, on ne peut les comprendre par le simple symbolisme et que d’autre part, la charge énergétique et émotionnelle en est énorme. Enfin, les détails d’une telle situation varient d’un individu à l’autre, même si le thème reste inchangé (un peu comme dans les différentes version d’un conte, dont le message reste néanmoins le même). Dans la vie diurne, cette période eût sur ma vie un impact tel que je sentis une énergie et un sentiment d’amour affluer en moi, témoins d’un bouleversement psychique sans précédent.
J’ai abordé dans d’autres articles quelques éléments issus de l’inconscient collectif auxquels j’ai été confrontée, principalement après la période de ce rêve et pour lesquels j’ai dû faire des recherches dans les mythes, religions, cultures humains avant de pouvoir comprendre en quoi elles avaient un sens dans ma problématique psychique du moment.
Cf:
-articles traitant des images inconscientes qui ont inspiré les représentations du jeu de tarot.
-ceux traitant des synchonicités: exemple de la création de l’homme (chapelle Sixtine et statue d’Adam)
-les deux rêves du « troisième œil » dans l’article sur les centres énergétiques
Voici d’autres exemples de rêves que j’ai faits et qui sont issus de l’inconscient collectif :
–Je suis à bord d’un bateau qui est en en fait une petite église en ruine, entourée de petits animaux, notamment des mammifères. Le lien entre la nef de l’église et la nef de Noé s’est fait quelques jours après le rêve. (Nouveau départ après la mort symbolique d’une personne qui renait à elle-même.)
Ce qui est drôle, c’est que j’ai il y a un an libéré deux corneilles piégées dans la réalité. J’ai pu en admirant le plafond de l’église St Savin sur Gartempe le mois dernier, voir que Noé libéra une corneille au moment de prendre la mer avec ses animaux. Encore une fois, un clin d’œil synchronistique.
Vitraux XVIe siècle, église St Etienne du Mont, Paris
– Deux rêves de déesses primordiales païennes et deux rêves de la Vierge Marie (statues), dont une colorée en bleu très vif (mais que vient-elle faire dans les rêves d’une femme athée !?)
Eglise près de Royan
– Rêve où je monte à un arbre (deux fois) ou à une échelle, tenant toute seule vers le ciel. (Image symbolique du devenir de personnes chamanes)
–Cygne recouvert de suie, descendant dans une cheminée, recouvert de cendres (après la mort d’une brebis)+ Rêve de sacrifice d’agneau dans une fosse. Phoenix renaissant de ses cendres et sacrifice d’agneau.
Bâle toujours…
–Rêve d’Ondine (anima négative)
-Rêve où je porte un voile. (mystère et puissances féminins levant sous le voile comme la pâte sous le torchon)
Ces exemples ne sont pas exhaustifs, mais donnent un aperçu des contenus de ce patrimoine instinctif et imagé humain.
Si l’on admet que ces archétypes issus de l’inconscient collectif sont accessibles ou présents en chacun d’entre nous, humains, homo sapiens, et que dans le même temps, ils appartiennent (ainsi que le dit Jung) à nos instincts: où sont-ils inscrits ? Où se trouve cet inconscient collectif ?
Certains pensent que cet inconscient collectif vit à l’extérieur de nous. Comme Jung disant que les rêves partagés entre deux personnes ont lieu à l’extérieur de nous, en un lieu commun (voir article « Rêves partagés etc. »)
L’hypothèse des gènes m’interpelle. C’est à cet endroit que les instincts des animaux sont inscrits, et qu’ils sont modifiés aussi au gré des vécus des générations. Instincts solides, à la base des espèces ou comportements de surface issus de la manière dont un gène s’exprime ou pas (une souris stressée et l’expression de certains gènes est modifiée pour 3 générations de souris : l’expression, non pas le gène). Tout cela pour l’adaptation, l’évolution et la survie de l’espèce.
Et si cela pouvait expliquer la transmission de cet aspect de la nature humaine ? Si nos ancêtres imprimaient dans leurs gènes leur vécu, le transmettant à leurs enfants au moment de la conception ? Et si, même après, selon la théorie des particules intriquées de la physique quantique, les gènes que nous partageons avec d’autres communiquaient, comme dans un système de wi-fi ?
Ces personnes qui croient aux vies antérieures (je pense à une biokinergiste qui m’a donné des éléments qui selon elle touchaient « mes vies antérieures » mais qui dans l’état des choses correspondaient à ma vie actuelle…) ont peut-être un accès particulier à ce qui est simplement inscrit dans leur matériel génétique ? Imprimé par les générations précédentes ou par des personnes qui possèdent les mêmes gènes qu’elles. Peut-être, du fait qu’elles portent ces informations dans leur corps, pensent-elles que ce sont elles qui les ont vécues?
Tout cela n’est que plan sur la comète mais si l’on doit comprendre où se trouvent l’inconscient personnel de nos souvenirs refoulés et l’inconscient collectif de nos instincts humains, un peu particuliers, incluant des tendances religieuses, il ne me parait pas complètement absurde d’imaginer que leur exploration soit en fait celle de ce très mystérieux ADN, siège de la vie, d’une manière de plus en plus profonde.
L’autre aspect de cette immersion dans l’inconscient collectif est qu’elle permet de remonter dans le temps avant les difficultés et blocages d’enfance, dans notre patrimoine humain, pour y retrouver l’énergie et le sens nécessaires à reconstruire ce qui a manqué dans le début de la vie. Cela permet de résoudre certains conflits, lorsque l’on réussit à intégrer l’ambivalence de certains archétypes, en résonance avec les problématiques de notre vie. Mais cela n’est jamais de tout repos : n’oublions pas que la folie consiste justement à se trouver submergé par la puissance de ces images inconscientes.
Je termine en vous renvoyant à l’article « Connaissez-vous la femme », où vous pourrez profiter en musique ET en image de « Sphynx », une chanson du groupe « la femme », où fourmillent des images de cet inconscient collectif (davantage que ne pourront jamais en contenir les rêves d’une seule personne), et notamment une femme sur une croix enterrée qui pourrait bien symboliser l’époque vers laquelle nous nous dirigeons : après avoir passé deux mille ans à tendre vers l’unité du symbole du Christ (masculin, car société patriarcale rejetant la femme et le corps…), l’unité des siècles à venir pourrait passer par la réintégration du féminin dans le psychisme humain, doublé d’un retour au corps (la femme du clip sort de terre au lieu d’être en hauteur comme le Christ masculin, qui illustre parfaitement notre tendance à être trop dans l’intellect et la raison.) Je ne sais qui a réalisé ce clip, ni comment il a eu accès à ces images, mais il s’agit peut-être d’une inspiration visionnaire. L’art sert aussi à cela.
AVENIR DE L INCONSCIENT COLLECTIF: piste de réflexion:
En regardant de près les rêves d’une personne à moyen ou long terme, il apparait que l’on peut suivre son évolution psychique. Carl-Gustav Jung utilisait le terme d’individuation, pour désigner le processus lors duquel quelqu’un devient lui-même, en unifiant sa partie consciente et l’inconscient personnel, familial et collectif (partie de nous-même dont on n’a pas conscience, et s’exprimant notamment par les images du rêve).
Cet article a pour but d’en rendre compte à travers l’exemple des apparitions d’animaux. Le matériel utilisé est constitué de mes propres rêves de l’enfance à l’âge adulte.
Les significations des symboles sont notées dans le tableau proposé dans l’article suivant (Les animaux en rêve 2), recensant les différents animaux dont j’ai rêvé. Ce sont des définitions succinctes, présentant le volet positif et/ou négatif du symbole, car un symbole peut avoir une signification différente selon le contexte du rêve et le monde intérieur personnel du rêveur. Ces définitions par mots-clés proviennent du Nouveau dictionnaire des rêves de Tristan Moir. On peut le retrouver sur son site tristan-moir.fr ou dans le livre papier édité chez L’Archipel, avec beaucoup plus de détails. Ce livre comprend de nombreux autre symboles, bien au-delà des quelques animaux présentés ici.
Tout d’abord, il apparait que les symboles étaient assez peu nombreux durant l’enfance et l’adolescence : loup, lapin, serpent, oiseau, chien. 5 symboles.
Certaines personnes s’individuent sans doute naturellement durant leur adolescence ou leur vie de jeune adulte. L’évolution peut aussi être bloquée à un moment de l’enfance ou de la vie, pour diverses raisons et peut donc être reprise plus tard. Je parle d’une évolution du monde inconscient, affectif et somatique qui est en partie autonome et non de la vie extérieure ou intellectuelle qui peut être par ailleurs tout à fait « réussie ».
Certains symboles qui apparaissaient négativement dans les rêves (chiens agressifs, loups d’enfance) sont devenus positifs après quelques années d’attention aux rêves : chiens bienveillants, loup apparaissant sur une couverture de livre d’enfant, sur laquelle poussaient des plantes = vitalité, croissance, santé, …)
D’anciens symboles, négatifs ou expression de vie rudimentaire, ont semble-t-il arrêté d’apparaître au fur et à mesure (vermine, araignée, coccinelle, mouche, gastéropodes et batraciens, crabes et animaux marins, lézard, crocodile, loup, lapin, etc.)
De plus en plus de symboles positifs sont intervenus les dernières années, sans pour autant que les symboles négatifs disparaissent totalement (en effet, dans la vie, tout n’est pas positif et on traverse à tout âge des épreuves : ainsi les poux des idées noires peuvent venir en rêve au même stade qu’une magnifique chouette empreinte de douceur et de sagesse.)
En règle générale, je rêve beaucoup plus de mammifères (17 nouveaux apparus depuis 5 ans, contre seulement 3 mammifères avant 34 ans). Les chats sont notamment apparus, symboles positifs de la féminité sensuelle.
Parmi les autres beaux symboles des années récentes : le lion/la lionne, le cygne (dont la signification est assez transparente), le poisson (symbole d’individuation cher à Jung), la tortue, le papillon…
Et je me réjouis d’avance pour tous ceux à venir, car le chemin n’étant jamais fini, peut-être un jour aurai-je la chance de rêver d’un dauphin, d’un éléphant ou autre…je n’attends bien sûr rien, il s’agit juste d’illustrer le fait que l’individuation est un processus.
On peut se demander pourquoi les années de rêves amènent des animaux de plus en plus « évolués ». Cet exemple de symbole illustre peut-être bien le passage de la vie inconsciente de la Préhistoire à l’humanité.
Enfin, de rares « symboles » évoqués ici (le lion, le varan géant, la chouette) étaient porteurs lors du rêve d’une énergie particulière et inspiraient une fascination et une émotion forte. Il s’agit peut-être d’archétypes, j’y reviendrai plus tard.
Si vous souhaitez ajouter un commentaire pour nous faire partager vos apparitions animalières en rêve, merci d’avance!
Si vous souhaitez lire en détail les significations des symboles d’animaux recensés en détail, je vous donne rendez-vous dans la deuxième partie de cet article.