De l’amitié, Cicéron

« Je crois que la sagesse exceptée, l’homme n’a rien reçu de meilleur de la part des Dieux. »

« Car le bonheur devient plus brillant, grâce à l’amitié, et le malheur, qu’elle partage et répartit, plus léger. »

« C’est donc la nature, à mon avis (…) qui est la source de l’amitié, une inclination de l’âme accompagnée d’un certain sentiment d’amour. »

« Bien sûr la passion s’affermit quand un service a été rendu, quand le dévouement s’est manifesté, quand les relations sont devenues habituelles ; et quand tout cela est venu se joindre au premier élan d’une âme passionnée ; alors l’affection prend toute son ampleur, comme une flamme d’une force étonnante. »

« Ceux qui ont le plus de confiance en eux-mêmes, qui peuvent le plus compter sur leur valeur et leur sagesse, au point de n’avoir besoin de personne et de penser qu’ils ont tout en eux-mêmes, ceux-là excellent toujours à gagner des amitiés et à les cultiver. »

« Les hommes de bien aiment les hommes de bien, comme s’ils ét aient liés par la parenté ou la nature. »

« Il ne faut pas avoir peur d’éprouver quelque perte, de voir quelque offre tomber à plat, de faire trop bonne mesure à l’amitié. »

« Comment peut-on être l’ami d’un homme dont on pense pouvoir être l’ennemi ? »

« Celui qui dans les deux cas (bonheur et malheur) se montre sérieux, constant, ferme en amitié nous devons le considérer comme provenant d’une race particulièrement rare, et presque d’origine divine. »

« L’amitié ne peut exister qu’entre gens de bien. Car seul l’homme de bien, que nous avons aussi le droit d’appeler sage, est capable de maintenir en amitié les deux qualités que voici : d’abord éviter tout ce qui est vain et simulé, car la franchise, même dans la haine st plus noble que la grimace qui cache les pensées.(…) A cela doit s’ajouter la douceur dans les propos et le caractère, assaisonnement de l’amitié qu’on ne saurait négliger.

« La seule raison qui empêche les gens de bien d’aimer les malhonnêtes et les malhonnêtes d’aimer les gens de bien, c’est qu’il y a entre eux l’opposition la plus totale qui puisse exister dans leur caractère et leurs goûts. »

« De toute façon, (…) il n’est qu’un moyen de les éviter et de les prévenir (dégâts des défauts des amis qui nuisent), c’est de ne pas laisser l’affection ni s’éveiller trop tôt, ni se porter sur des êtres qui ne la méritent pas. »

« La plupart des gens n’attribuent de valeur parmi les biens qu’à ce qui est profitable et n’accordent à leurs amis, comme à leurs bêtes, leur plus vive affection que s’ils espèrent tirer d’eux les profits les plus grands. (…) Ils sont incapables de trouver en leur propre personne le critère d’après lequel il faut déterminer l’essence et l’importance de l’amitié. »

Conclusion :

« C’est la vertu (…) qui préside à la formation et à la conservation des liens d’amitié. Car elle assure l’harmonie, la stabilité, la constance : une fois qu’elle s’est révélée et qu’elle a dévoilé son éclat, qu’elle a aperçu et reconnu un éclat semblable chez autrui, elle s’approche de lui et en retour participe aux qualités qu’il possède ; ainsi d’allume la flamme de l’amour comme de l’amitié (…) car les deux noms dérivent du verbe aimer. »

Nourrir notre espoir aux pensées d’Etty Hillesum

3 janvier Le ciel, le soleil, la lune

Je vais au-devant d’un avenir inconnu. Mais sous mes pas, dans mes pérégrinations, c’est pourtant partout la même terre, et au-dessus de ma tête ravie partout le même ciel, avec tantôt le soleil, tantôt la lune et toutes les étoiles. Alors pourquoi parler d’avenir inconnu ?

14 janvier Se contenter d’être

Les gens ne veulent pas l’admettre : un moment vient où l’on ne peut plus agir, il faut se contenter d’être et d’accepter.

15 janvier Les chemins intérieurs

Dans ce monde saccagé, les chemins les plus courts d’un être à un autre sont des chemins intérieurs.

23 janvier Si peu de mots pour dire

Il faut si peu de mots pour dire les grandes choses qui comptent dans la vie. Si j’écris un jour, je voudrais tracer ainsi quelques mots au pinceau sur un grand fond de silence.

30 janvier La marche de la vie

Et quand on a commencé à faire son chemin avec Dieu, on poursuit tout simplement son chemin, la vie n’est plus qu’une longue marche – sentiment étrange.

11 février Déchiffrer les êtres

Bien des gens sont encore pour moi de véritables hiéroglyphes, mais tout doucement j’apprends à les déchiffrer. Je ne connais rien de plus beau que de lire la vie en déchiffrant les êtres.

14 février Faire jaillir la source cachée.

L’amour prend patience, il est généreux, il ne jalouse pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne pense pas à mal… » première lettre de Paul aux Corinthiens, chapitre 13

17 février Juste un peu de sagesse

Seigneur, donne moi la sagesse plutôt que le savoir. Ou pour mieux dire : seul le savoir qui mène à la sagesse vous apporte le bonheur, et non celui qui mène au pouvoir.

19 février Connaître l’autre de l’intérieur

On ne connaît pas la vie de quelqu’un si l’on n’en sait que les événements extérieurs. Pour connaitre la vie de quelqu’un, il faut connaître ses rêves, ses rapports avec ses parents, ses états d’âme, ses désillusions, sa maladie, sa mort.

23 mars L’herbe de l’humanité

J’observe les êtres comme on passe en revue des plantations et je constate jusqu’où se lève sur eux l’herbe de l’humanité.

15 avril Un soupçon d’éternité

Dans mes actions et mes sensations quotidiennes les plus infimes se glisse un soupçon d’éternité.

16 mai La vie est belle

Et quelque part en vous il y a quelque chose qui ne vous quittera plus jamais

3 juin Avoir le courage de prononcer le nom de Dieu

4 juin Chercher Dieu dans tous les cœurs

15 juin Accoucher d’une nouvelle clarté

Laisser chaque impression, chaque germe de sentiment se développer en soi-même, dans l’obscurité , dans l’indicible, dans l’inconscient, dans une zone inaccessible à l’entendement et attendre avec une profonde humilité, une profonde patience, l’heure d’accoucher d’une nouvelle clarté. »

29 juin Respirer par l’âme

Désormais, pour ainsi dire, je vis et je respire par l’âme.

3 juillet Ne sacrifier ni le dedans ni le dehors

Vivre totalement au-dehors comme au-dedans, ne rien sacrifier de la réalité extérieure à la vie intérieure, pas plus que l’inverse, voilà une tâche exaltante.

11 juillet Adieu  de jour en jour

Chaque jour je dis adieu. Le véritable adieu ne sera plus alors qu’une petite confirmation de ce qui sera accompli en moi de jour en jour.

18 juillet Rendre le monde hospitalier

Je ne vois pas d’autre issue : que chacun de nous fasse un retour sur lui-même et extirpe et anéantisse en lui tout ce qu’il croit devoir anéantir chez les autres.

31 juillet Libre

Vivre comme les lys des champs, comme les oiseaux du ciel.

18 août Tirer le meilleur de l’autre

J’aime les contacts humains. L’intensité de mon attention réussit à tirer d’eux ce qu’ils ont de plus profond et de meilleur.

21 août De l’intérieur vers l’extérieur

Ce ne sont jamais les choses du monde extérieur qui m’attristent, c’est toujours ce sentiment en moi, abattement, incertitude ou autre, qui donne aux choses extérieures leur coloration triste ou menaçante. Chez moi, tout va de l’intérieur vers l’extérieur.

30 août Lire en soi

Ayant appris à lire en moi, je me suis avisée que je pouvais aussi lire dans les autres.

13 octobre Y voir clair dans sa propre langue

Dévorer des livres comme je l’ai fait depuis ma plus tendre enfance, n’est qu’une forme de paresse. Je laisse à d’autres le soin de s’exprimer à ma place.

Je cherche partout la confirmation de ce qui fermente en moi, mais c’est avec mes mots à moi que je devrai essayer d’y voir plus clair.

27 octobre Laisser sa liberté à l’autre

On ne réfléchira jamais trop à la nécessité de se libérer de l’autre. Mais aussi de lui laisser sa liberté en évitant de former de lui une représentation déterminée.

22 novembre Tout est déjà là

Cela me rappelle le conte de Kormann, l’histoire de l’homme sans chemise : un roi faisait chercher dans tout son royaume la chemise du plus heureux de ses sujets, et quand il eût trouvé celui-ci, on s’aperçut qu’il ne possédait pas de chemise.

1990-91/2020-21: Chanteurs visionnaires

Éteignez la télé et…MOOC-ez!!

Parce que qu’on est confinés après 18 heures et que c’est (peut-être) la dernière fois que ce temps nous sera imparti. Profitez pour vous inscrire gratuitement à des cours en lignes afin de vous nourrir à votre rythme d’ART (ou de sciences…) et pas des m…qu’on vous déverse à la télé…

BD, photo, art contemporain, premiers hommes, histoire de l’art…Il y en a pour tous les goûts!!

https://mooc-culturels.fondationorange.com/course/index.php

Déconfi-nénés :)

8 pour cent des femmes ont laissé tomber le soutien-gorge durant le confinement. J’observe parallèlement que les jeunes générations se sentent plus libres sur de nombreux domaines de la féminité…vers la fin d’un corset light?

Ecosia: le moteur de recherche qui plante des arbres

Aujourd’hui, j’ai installé une nouvelle page d’accueil sur mon moteur de recherche (Firefox). Ecosia plante des arbres! C’est facile et utile…

https://info.ecosia.org/about

J’ai découvert Ecosia grâce aux statistiques de gens qui consultent mon blog, merci à vous!!

Il existe aussi lilo.org (projets sociaux et environnementaux) et youcare (cause animale). A vous de choisir!

Les 8 intelligences, un outil de croissance pour vos enfants

Extrait du site https://octofun.org/presentation/

que vous invite à aller visiter!!

« Les Octofun, ce sont 8 boules d’énergie issues de mon imagination, mais elles sont inspirées de la théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner.

Ce professeur en éducation d’Harvard explique que chaque individu possède à la naissance un bouquet d’intelligences qu’il développera plus ou moins au cours de sa vie en fonction de caractères biologiques, familiaux et sociaux. Il a identifié 8 intelligences, auxquelles j’ai donné un nom particulier :

  • Bodyfun (intelligence kinesthésique – rouge) : capacité à utiliser son corps de façon précise et élaborée
  • Mélofun (intelligence musicale – orange) : capacité à être sensible aux sons, aux structures rythmiques et musicales.
  • Funégo (intelligence intrapersonnelle – jaune) : capacité à avoir une bonne connaissance de soi.
  • Multifun (intelligence interpersonnelle – vert) : capacité à agir avec les autres de façon adaptée.
  • Alphafun (intelligence verbolinguistique – bleu clair) : capacité à être sensible aux mots et au langage.
  • 3Dfun (intelligence visuospatiale – bleu foncé) : capacité à créer des images mentales précises du monde.
  • Mathifun (intelligence logicomathématique – mauve) : capacité à tenir un raisonnement logique, à calculer.
  • Vitafun (intelligence naturaliste – multicolore ou fuschia) : capacité d’être sensible à la nature et à tout ce qui est vivant. »

A l’école, souvent, on ne travaille que les deux intelligences du langage écrit (alphafun) et des maths (mathifun). Il est grand temps de reconnaître à l’école et à la maison chez les enfants les six autres intelligences! Pour l’estime de soi et la construction des personnalités si variées.

Autre élément à prendre en compte: les collectivités sont faites pour les personnes extraverties (se ressourçant au contact des autres), il convient aussi de reconnaître aux enfants introvertis le droit de se ressourcer dans la solitude, car c’est leur mode de fonctionnement (pour les adultes introvertis aussi: référence aux types psychologiques de Jung, allez consulter les articles dans l’onglet « psychologie »…). Difficile quand on doit rester en collectivité 45 heures par semaines…(école et périscolaire…)

Présent et avenir, Carl Gustav Jung 2

p58  En présence de cette situation, la question subsiste en Occident : « Que pouvons-nous faire contre cette menace ? »

Notre psyché est en premier lieu responsable de tous les modifications historiques qui ont été imprimées par la main de l’homme à notre planète (…).

P171 En fait, on peut dire que l’on est encore aujourd’hui inconscient du fait que chaque individu est une pierre dans la construction des organismes politiques, et même des structures qui se dressent à l’échelle mondiale (…)

1) Ralentir et prendre le temps de se connaître

p93 Il n’est malheureusement que trop évident que si l’être –en son particulier- ne réussit pas à se rénover sur la plan de la psyché, la société –somme d’individus en quête de renouvellement, de libération, de salut et de rédemption-y parviendra encore moins.

P101 L’homme saisi dans une communauté ne subit en tant qu’être intérieur aucune transformation.

P13 A cause, en particulier, du fait que l’homme réputé normal ne dispose que d’une connaissance fort limitée de lui-même.

On confond en général la connaissance de soi avec la connaissance de son moi conscient, que l’on tient pour sa personnalité. Quiconque dispose tant soit peu de conscience de son moi (NdT : Ce qui n’est déjà pas si fréquent et n’est déjà pas si mal.) croit naturellement, avec la plus grande assurance, se connaître. Or, le moi ne connait que ses propres contenus(…)

P15 Il faut, en outre, compter avec cet immense domaine de l’inconscience, qui est hors de portée de la critique et du contrôle de notre conscient(…)

P18 Ainsi, ce n’est pas la conformité à une norme générale et régulière, mais bien plus son unicité qui fonde l’individu en tant que tel.

P23 Or, c’est l’individu qui, en tant que donnée irrationnelle, est le véritable porteur de la réalité. C’est dire que c’est l’individu qui est l’homme concret, par opposition à l’homme normal où à l’homme idéal qui, lui, est une abstraction, cette abstraction étant la seule base des formulations scientifiques.

P43 L’homme qui n’est pas ancré dans le divin (/la nature) n’est pas en mesure de résister, par la seule vertu de son opinion personnelle, à la puissance physique et morale qui émane du monde extérieur. Pour s’affirmer en face de ce dernier, l’homme a besoin de l’évidence de son expérience intérieure, de son vécu transcendant, qui seuls peuvent lui épargner l’inévitable glissement dans la masse collective.

P148 149 Car le point d’origine d’une croyance véritable n’est pas le conscient, mais une expérience religieuse spontanée(…) cette certitude qui est le seul rempart qui puisse me protéger, moi homme isolé, de la dissolution dans la masse.

P69 Les deux camps qui se partagent le monde ont en commun une finalité matérialiste et collectiviste et à tous deux il manque ce qui exprime l’homme en totalité, ce qui le promeut, le construit, le fait vibrer, le rend sensible, c’est-à-dire en bref ce qui met l’être individuel au centre de toute chose comme mesure, réalité et justification.

P174 A cette fin on fait appel à l’idéalisme, l’enthousiasme, et à la conscience éthique.

P185 Comme au début de l’ère chrétienne se pose aujourd’hui à nouveau le problème de l’arriération morale, dont est frappée l’humanité en général et qui se révèle être tragiquement inadéquate au développement moderne, scientifique, technique et social.

Bonheur et satisfaction, équilibre psychique et sens de la vie, sont des états d’âme dont seul l’individu peut faire l’expérience en les vivant et non point l’Etat (…)

Les circonstances sociales et politiques d’une époque sont certes d’une importance considérable. Mais elles sont démesurément surestimées dans leur importance pour le bonheur et le malheur de l’individu.

2) Résister aux pressions extérieures pour vivre comme on le souhaite

P30 Que veut dire l’importance qu’il attache à sa personne ou aux membres de sa famille, ou à ceux d’entre ses amis qu’il estime particulièrement, sinon qu’elle exprime la subjectivité un peu ridicule de ses sentiments ?

P52 Comme une addition de zéros n’a jamais donné l’unité, la valeur d’une communauté correspond à la moyenne intellectuelle et morale des individus qu’elle comprend dans son sein.

3) Prendre conscience que nous appartenons à une espèce meurtrière (l’ombre)

P172 Rien n’a une action aussi dissolvante et aliénante au sein de la société que précisément cette sorte de commodité morale, d’irresponsabilité (…) ces corrections nécessaires exigent en premier lieu l’autocritique de l’individu. On ne peut dépister et reconnaître le préjugé et l’illusion que si, partant d’un savoir et d’une position psychologique générale, on est prêt au sens le plus vaste à douter de l’exactitude absolue de ses suppositions et à les comparer une à une, avec soin et conscience avec les données objectives.

P 161 L’européen doit encore assumer la responsabilité de tous les crimes commis sur les peuples exotiques, lors de la fondation des colonies. (…) Cette tare de l’homme, sa tendance au mal est infiniment plus lourde qu’il n’y paraît et c’est bien à tort qu’elle est sous-estimée. Comme on se complait en général à l’opinion que l’homme est ce que son conscient sait de lui-même, on se prend pour inoffensif, ajoutant ainsi à la méchanceté une stupidité qui lui correspond.

P162 163 (…) par conséquent je suis un être qui est coresponsable et qui possède dans son essence, inexpugnables et immuables, la capacité et la tendance à commettre de pareilles actions à tout moment. (…) nous n’en sommes pas moins, en fonction de notre nature d’homme, des criminels en puissance. (…) Que l’action abominable ait été commise il y a bien des générations ou qu’elle se produise aujourd’hui, elle reste le symptôme d’une disposition existant partout et toujours, et c’est pourquoi il est prudent de savoir qu’on possède une « imagination dans le mal » car seul l’imbécile croit pouvoir se permettre d’ignorer et de négliger les conditionnements de sa propre espèce.

P169 Voilà le grand problème qui se pose aujourd’hui : la raison seule ne suffit plus. (manque structure morale)

P175 Tous les idéalismes prêchés avec ostentation sonnent un peu creux et ne deviennent acceptables que lorsqu’on tient compte aussi de leur contraire. Sans ce dernier, sans ce contrepoids des contraires (…) à force de manquer d’humour, il devient peu vraisemblable.

La peur de la destruction générale nous épargnera peut-être le pire ; mais sa possibilité plane et planera, telle de noires nuées, sur notre existence, tant que n’aura pas été trouvé un pont qui permette de surmonter et de franchir la dissociation politique du monde et de l’âme. Ce pont devra être aussi sûr que l’est l’existence de la bombe à l’hydrogène.

4) Renforcer les liens affectifs: famille, amis, …

P 173 Plus les individus sont désagrégés les uns par rapport aux autres, moins ils sont enracinés dans des relations stables, plus ils sont susceptibles de se raccrocher à l’organisation étatique, plus celle-ci peut se densifier et vice-versa.

p175 Connaître et accepter son ombre achemine à cette modestie qui est nécessaire à la reconnaissance de son imperfection. Mais précisément c’est cela, l’acceptation consciente de ses petitesses et la prise en considération de ses mesquineries personnelles et de ses imperfections, qui est l’attitude la plus nécessaire chaque fois qu’il s’agit d’établir une relation humaine. (…) Ce qui est parfait n’a que faire de l’autre alors que ce qui est faible cherche un adossement et par conséquent, n’oppose rien au partenaire qui le coince dans une position subordonnée ou qui l’humilie dans une supériorité morale.

P176 La question des relations humaines et des rapports inter-humains dans le cadre de notre société est devenue un souci urgent en face de l’atomisation des hommes « massifiés », simplement entassés les uns sur les autres et dont les interrelations personnelles sont minées par une méfiance généralisée.

Lorsque les fluctuations du droit, l’espionnage policier et la terreur sont à l’œuvre, les hommes sont acculés à l’isolement et à n’être que des parcelles menacées, ce qui cadre avec le but et l’intention de l’Etat dictatorial, qui repose ainsi sur l’amoncellement aussi massif que possible d’unités sociales impuissantes. En face de ce danger, la société libre a besoin d’un liant de nature affective, comme en sont un, par exemple, la charité ou l’amour chrétien du prochain. C’est de la relation d’homme à homme que dépend sa cohésion, et par conséquent aussi sa force. Là où cesse l’amour, commence la puissance, l’emprise violente et la terreur.

5) Prendre conscience qu’il faudra peut-être (sans doute…) des centaines d’années…pour arriver à un monde plus juste

Tout ce que je sais, c’est qu’il faudra du temps pour amener des modifications psychiques dont on pourra compter une certaine stabilité. Une connaissance, une compréhension qui pointent, s’esquissent et vont lentement leur chemin me semblent promettre une efficacité plus durable qu’un idéalisme qui ne jette sa flamme que pour s’éteindre.

P182 Quiconque a pris conscience de ses motivations vraies et s’est ouvert ainsi une voie vers l’inconscient exerce, sans même en avoir conscience, un effet sur son entourage. Le mana est une influence involontaire sur l’inconscient d’autrui, en quelque sorte un prestige inconscient qui toutefois ne garde son efficacité que tant qu’il n’est pas perturbé dans sa spontanéité par des intentions secondes.

P 181 L’influence que l’on souhaiterait avoir sur tous les individus peut très bien se faire attendre des centaines d’années, car la modification mentale de l’humanité se produit, de façon presque insensible, au pas lent des millénaires, et elle ne se laisse ni accélérer ni retarder par des processus de réflexion rationnelle. Encore bien moins est-il question de réaliser cette efficacité en l’espace d’une génération.

P183 Les efforts entrepris pour actualiser en l’homme une connaissance de lui-même ne sont point aussi vains et aussi désespérés qu’il peut sembler, dans la mesure où il existe un facteur jusqu’à présent totalement méconnu, et vient, secourable, au-devant de nos efforts : c’est l’esprit inconscient du temps, qui compense l’attitude du conscient et qui anticipe intuitivement sur les modifications à venir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Présent et avenir, Carl Gustav Jung 1

Dans notre pays où Freud et Lacan occupent presque tous les rayonnages de psychanalyse, psychologie etc., nous connaissons très mal un grand homme suisse qui selon moi en est tout simplement le plus grand penseur du XXe siècle (sur l’homme, la vie et la société en général): Carl-Gustav Jung.

Voici ici quelques extraits (Edition Buchet/Chastel 1991 ) de son livre écrit au printemps 1956 et brûlant d’actualité au vu des événements politico-sociaux en France. Il nous permet de porter un regard lucide sur notre société périmée et explique dans quelle mesure ce sont des changements très personnels qui permettront de construire une société meilleure.

Dans cet article, ses citations parlent d’elles-même de manière limpide de : L’individu menacé par la société, et dans le suivant de la solution préconisée par Jung: travailler sur l’homme/individu intérieur pour bâtir une société meilleure.

Pp 9-10 Ce qui pourrait encore subsister de réflexion, de compréhension et de perspicacité caché chez l’individu se trouve écrasé par la masse et c’est pourquoi cette dernière mène nécessairement à la tyrannie autoritaire et doctrinaire, dès que l’Etat fondé sur le droit manifeste des signes de faiblesse.

En présence d’une situation donnée, la discussion basée sur des arguments de raison ne demeure possible et n’a de chances d’aboutir que tant que le potentiel émotionnel inhérent à la situation n’a pas dépassé un certain niveau critique. Dès que ce dernier est franchi par la température affective et l’émotivité, les possibilités et l’efficacité de la raison se trouvent anéanties ; s’y substituent des slogans et des désirs chimériques et fumeux ; c’est-à-dire que la raison fait place à une espèce d’état de possession collective qui se propage à la manière d’une épidémie psychique.

P12 Au sein d’une telle masse, ce sont les éléments asociaux qui sont les adaptés.

P 25 26 Il en résulte immanquablement que la responsabilité morale de l’individu est remplacée par la raison d’Etat. A la place d’une différenciation morale et spirituelle de l’individu surgit la prospérité publique et l’augmentation du niveau de vie (…). L’individu se voit privé de plus en plus des décisions morales, de la conduite et de la responsabilité de sa vie ; en contrepartie il sera, en tant qu’unité sociale, régenté, administré, nourri, vêtu, éduqué, logé dans des unités d’habitation confortables et conformes, amusé selon une organisation des loisirs préfabriquée, l’ensemble culminant dans une satisfaction et un bien-être des masses qui constitue le critère idéal. (…) Cette dernière (doctrine d’Etat) n’a que faire des personnalités capables de jugement (…) C’est la raison d’Etat qui doit décider en dernière analyse, en particulier de ce qui doit être enseigné et appris.

P28 L’esclavage et la rébellion sont toujours corrélatifs et l’on ne saurait séparer d’un de l’autre. C’est pourquoi l’appétit et la jalousie du pouvoir, et une méfiance qui va croissant, pénètre tout l’organisme de haut en bas. En outre, une masse engendre automatiquement, par compensation de son caractère chaotique et informe, son « Führer », qui pour ainsi dire obligatoirement, succombe à l’inflation dont son moi ne peut pas ne pas être victime ; l’Histoire ne nous en offre que trop d’exemples.

P29 (…) l’individu disparait de toute façon, c’est le rationalisme de la pensée scientifique qui s’avère être l’un des facteurs principaux de l’agglutination des individus en masse (…) l’homme comme unité sociale a perdu son individualité et s’est transformé en un numéro abstrait de la statistique sociale.

P31 (…) il est déjà sur le chemin de l’esclavage d’Etat et il en est même devenu sans le vouloir le promoteur.

P33 De ce fait, l’individu est de plus en plus ravalé à n’être qu’une fonction de la société (…) En réalité, l’Etat n’est qu’un camouflage qu’utilisent les individus qui le manipulent. De ce fait, la convention originelle de l’Etat légal glisse de plus en plus vers la situation d’une forme de société primitive, en l’occurrence celle du communisme d’une tribu primitive, soumise à l’autocratie d’un chef ou d’une oligarchie.

Pp 35 36 Nous venons de rencontrer la fiction de la puissance étatique qui se magnifie elle-même, et qui n’est à y regarder de près que l’arbitraire des chefs de tribu manipulant l’Etat ; tous les mouvements sociaux et politiques contemporains qui se fondent sur cette fiction visent à la libérer de toute limitation –pourtant bien salutaire et nécessaire-, et s’efforcent dans ce but de neutraliser les religions. C’est qu’en effet, pour transformer l’individu en une fonction d’Etat, il faut tendre à le soustraire de tout autre conditionnement et à toute autre dépendance. Or, appartenir à une religion implique que l’individu accepte une dépendance et se soumette à des données irrationnelles qui ne se rapportent pas directement à des conditions sociales et physiques, mais qui émanent bien davantage du fond et de l’attitude psychique de l’individu.

(…) s’il y a un seul conditionnement, et si aucun autre ne s’oppose au premier, le jugement et la libre décision sont non seulement superflus mais même impossibles.

P48 A l’instar des Eglises, l’Etat aussi exige l’enthousiasme, le sacrifice et l’amour, et si les religions exigent et supposent la crainte de Dieu, l’Etat dictatorial, lui, veille à ce que règne la terreur qui lui est nécessaire.

P49 Le but religieux, libération du mal, réconciliation avec Dieu et récompense dans l’au-delà, se transforme sur le plan étatique en promesses d’ici-bas : libération des soucis du pain quotidien, répartition équitable des biens matériels, bien-être général dans un futur pas trop lointain, réduction des heures de travail. Que l’accomplissement de ces dernières promesses demeure presque aussi nébuleux que le paradis ne constitue qu’une analogie supplémentaire (…)

P50 La religion (…) réapparait (…) dans la déification de l’Etat et du dictateur.

P51 Ce qui importe n’est plus la décision éthique de l’homme, mais le mouvement aveugle de la masse abusée, et le mensonge a été élevé à la dignité de principe fondamental de l’action politique.

P56 Un tel Etat n’a pas de crise sociale ou économique à craindre. Tant que la puissance de l’Etat est sans faille, c’est-à-dire qu’il existe une armée policière bien disciplinée et bien nourrie, une telle forme d’Etat peut maintenir son existence pour une durée indéterminée, et même augmenter sa puissance dans une proportion tout aussi indéterminée.

P65 L’individu se trouve ainsi amputé de sa liberté devant Dieu par les uns, de sa liberté devant l’Etat par les autres, ce qui dans un cas comme dans l’autre creuse sa tombe.

P70 Dans cette réalité, l’homme est l’esclave et la victime des machines qui conquièrent pour lui l’espace et le temps.

P71 (…) sa participation à la fabrique est payée par la perte de la possession de lui-même ; sa liberté de mouvement est échangée contre l’enchaînement au lieu de travail ; il perd tout moyen d’améliorer sa position s’il n’accepte pas de se laisser exploiter par un travail à la chaîne épuisant (…) Certes, avoir un toit et avoir une nourriture quotidienne de bétail ne sont pas des détails insignifiants alors que le minimum vital peut lui être ravi d’un jour à l’autre.

P96 97 Plus les organisations sont puissantes, plus elles entraînent de risque pour la moralité. (…) un individu au sein d’une masse se trouve immanquablement diminué, intellectuellement et moralement.

P103 Chaque fois qu’un tel état social prend des proportions importantes, il prépare les chemins de la tyrannie ; il lui ouvre les portes et la liberté de l’individu se transforme en un esclavage physique et spirituel. La tyrannie étant en soi immorale et prête à tout pour atteindre son but, elle est naturellement plus libre dans le choix de ses moyens qu’un régime qui tient compte de l’individu.

P104 Le grand nombre -c’est-à-dire les masses et leur puissance écrasante-nous est présenté jour après jour par les journaux. L’insignifiance de l’individu se trouve ainsi si clairement démontrée que celui-ci doit perdre tout espoir de se faire entendre où que ce soit et par quelque moyen que ce soit. Les idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité, usés jusqu’à la corde, ne lui sont plus d’aucun secours, car il ne peut adresser ses appels qu’à se propres bourreaux, les représentants de la masse.

P112 Si l’homme ne s’est point encore dépouillé de toute conviction religieuse, c’est que l’activité religieuse repose sur une tendance instinctive et appartient par conséquent aux fonctions spécifiquement humaines. Certes on peut lui ravir ses dieux, mais à la seule condition de lui en donner d’autres. Les chefs des Etats « massifiés » n’ont pu empêcher le culte et la divinisation de leur personnalité, et là où de pareilles niaiseries n’ont pu être imposées par la force, ce sont d’autres facteurs qui deviennent obsédants et qui se voient dotés d’une énergie démoniaque, que ce soit l’argent, le travail ou la domination politique.

P 128 La parole est au sens littéral, devenue notre dieu et elle l’est restée (…) Des mots comme « Société », « Etat », se sont chargés d’une telle substance qu’ils sont quasiment personnifiés.

P129 Tout se passe comme si personne n’avait remarqué que l’adoration divine du Verbe, nécessaire à une certaine phase historique du développement de l’esprit, comporte un redoutable revers de médaille. (…) mot qui se transforme en un infernal slogan susceptible et capable de toutes les escroqueries. Avec cette croyance dans le mot naît la puissance de la propagande et l’envoutement de la réclame ; le citoyen est dupé, les maquignonnages politiques, les marchandages et les compromis se nouent en chaîne et l’enflure du mensonge atteint des proportions que le monde n’a jamais connues.

P58 Il se trouve toujours des êtres droits et épris de vérité qui haïssent le mensonge et la tyrannie, mais nous ne saurions préjuger dans quelle mesure ils peuvent avoir une influence déterminante sur la masse sous le régime policier régnant.

p104 Seul peut résister à une masse organisée le sujet qui est tout aussi organisé dans son individualité que l’est une masse.

En article 2, les solutions préconisées par Jung.

Êtes-vous humains ? 3/3

L’homo sapiens a acquis sa spécificité d’espèce humaine (par rapport aux autres espèces humaines : Neanderthal, Denisova, Flores, etc.) du fait de trois révolutions selon Yuval Noah Harari.

Au passage Homo Sapiens est le seul humain sur terre depuis 10 000 ans. Sapiens a très certainement fait un sort dramatique aux grands mammifères du monde au fur et à mesure de ses conquêtes (on ne connaîtra pas les kangourous géants de 2m de haut, le lion marsupial, les autruches et koalas géants, les wombat de 2,5 tonnes, les lézards-dragons, les serpents de 5m, les oiseaux coureurs pour ne parler QUE de l’Australie…car il existait aussi en Amérique avant que Sapiens y mette les pieds des rongeurs de la taille d’ours, les lions géants, des chats à dents de cimeterre : environ 80 pour cent des espèces de grands mammifères ont disparu d’Amérique dans les deux millénaires qui ont suivi son arrivée. A Madagascar, il y avait les lémurs géants, un oiseau-éléphant de 3m de haut). Si l’on rajoute ce que l’on sait du racisme persistant envers les autres membres de notre propre espèce, cela ne laisse que peu de doutes au fait que la disparition des 7 autres espèces humaines soit liée à notre agressivité et violence…bien que quelques gènes de Néanderthal (1 à 4 pour cent chez la population du Moyen-Orient) et Denisova (6 pour cent chez les aborigènes d’Australie) subsistent dans notre génome prouvant un métissage. Ce volet n’est pas très flatteur pour notre espèce mais il faut sans doute admettre que notre espèce est extrêmement agressive et écologiquement parlant catastrophique, y compris envers les membres de notre propre espèce. Si seulement cela pouvait servir de leçon et permettre d’arrêter de tuer les autres espèces animales car nous sommes actuellement dans la troisième vague d’extermination des espèces animales après celle des fourrageurs et des agriculteurs : depuis 40 ans, la moitié des vertébrés ont disparu selon WWF …

http://www.lemonde.fr/biodiversite/article/2016/10/27/la-moitie-des-vertebres-a-disparu-en-quarante-ans_5020936_1652692.html

Encore faudrait-il le savoir et admettre que nous traînons dans notre ombre un passé de meurtrier hors du commun. Mais est-il besoin de continuer à tuer maintenant ?

Après ce volet négatif mais primordial, voici ce qui fait notre spécificité de sapiens, par rapport aux autres humains :

  • La révolution cognitive, grâce aux conditions de vie plus favorables, au langage qui permet d’augmenter la taille des sociétés, grâce à l’éducation des enfants et à l’échange d’informations.

Nous le savons, notre espèce est la plus ingénieuse de toutes les espèces d’humains et notre intelligence a augmenté depuis 100 000 ans.

  • La révolution agricole et la sédentarité: L’agriculture a permis de nourrir davantage d’humains, notre population a augmenté mais la qualité de vie ne suit pas pour autant. La nature s’en fout, le but est la reproduction des sujets, pas leur bien-être…Et il est trop tard pour une marche arrière. Nous ne sommes pas les seuls à avoir souffert : les animaux élevés le sont parfois dans des conditions abominables.

Les grandes sociétés augmentent le nombre de maladies circulant et l’ampleur des guerres. La question, vue notre nature n’est pas comment la guerre peut-elle être possible, mais comment la paix est-elle possible avec notre tempérament agressif. Les grandes sociétés ont induit les hiérarchies très organisées que l’on connait. Les mythes permettent de faire tenir celles-ci. Celui de l’argent par exemple : seuls 10 pour cent de l’argent du monde n’est pas numérique. L’unité du monde repose sur l’argent/les marchands/l’empire/la religion. Les nouvelles religions de Sapiens sont le nationalisme, communisme, le capitalisme, l’humanisme…quitte à en choisir une autant que ce soit une religion qui tente de faire un peu plus de Bien.

 

Une solution est peut-être de vivre en plus petite communauté : notre famille proche, des amis, des voisins, voilà la taille « humaine » naturelle de nos relations. Nul besoin de mentionner jusqu’où peut aller une foule lorsque les inconscients se déchaînent en groupe. Nul besoin de rappeler que l’empathie animale fonctionne mieux dans de petites structures avec des sujets connus.

Quant à la place de la femme, elle est bien sûr culturelle : les vieux hommes ont le pouvoir sur les jeunes, les femmes travaillent aux champs et pas les prêtres, hommes politiques et de droit. Ce n’est pas une question de force…

 

  • La révolution scientifique: L’observation et les mathématiques ont mené à une nouvelle religion : la recherche scientifique du progrès, avec notamment la médecine. Les sciences sont liées à l’impérialisme. Les génocides des terres conquises allaient de paire avec les recherches scientifiques sur le terrain, elles servaient de justification. Juste un exemple : 10 millions de Bengalis tués entre 1769 et 1773.

La nouvelle religion est le consumérisme croissant, jamais une religion n’a été si facile à observer : vivre à crédit en se faisant plaisir et en pariant sur l’avenir. Nous sommes tous des bookmakers. Sans considérations éthiques. La main d’oeuvre libérée par la production agricole gérée par peu d’hommes a maintenant un autre rôle : ACHETER. Mais on ne nourrit pas des chevaux avec du sucre…L’argent dépensé en Amérique pour les régimes pourrait nourrir les gens qui meurent de faim dans le monde.

La société a remplacé la famille: l’individu est libéré mais a perdu ses liens. Nous sommes seuls mais trop occupés à courir avec le temps, l’argent, les magasins pour nous en rendre compte. Les communautés sont imaginaires : Facebook, les fans de Cyprien, les propriétaires de montres Rolex, les gens « En marche » (désolée…moi je fais partie de ceux-qui-ne-sont-rien et fière de l’être :))

 

S’il faut encore prouver qu’il faut changer quelque chose à nos vies, il suffit juste de mentionner que le suicide tue plus dans le monde que les guerres et meurtres réunis…La bonne nouvelle (il en faut !) c’est que le nombre de meurtres diminue dans le monde et en Europe : de 20 à 40 pour 100 000 par an au Moyen-age, on est à 1 pour 100 000 en 2014 en Europe et 9 pour 100 000 dans le monde. Comme quoi tout n’est pas à jeter dans l’Etat. La violence est souvent familiale ou locale…

 

Mais il n’empêche que le bonheur vient de la satisfaction de nos instincts, Yuval Noah Harari parle de:

-l’instant présent, manipuler notre biochimie en méditant par exemple. Nous nous sommes hissés très vite au regard de l’évolution en haut de la chaîne alimentaire, ce qui peut expliquer nos restes d’angoisse : notre corps n’a pas eu le temps d’intégrer que nous ne sommes plus des proies quotidiennes.

-La communauté réduite, la famille, le couple, les liens sociaux

-les conditions matérielles suffisantes (au-delà de 6000 euros par mois, on n‘est pas plus heureux), un pas vers la décroissance, la vie simple

-l’absence de maladie et de douleur

-Le sens de la vie

Un bon baromètre dans ce domaine est l’ensemble des choses que les gens regrettent en fin de vie: avoir trop travaillé au détriment des relations avec leurs proches, avoir voulu trop plaire plutôt que suivre son coeur, exprimer ses ressentis, garder le contact avec ses amis, avoir fait le choix d’être heureux.

Mais aussi, au regard de nos ancêtres puisque selon Yuval Noah Harari : « La nature permet, la culture interdit », prendre ce qu’il y a de bon dans notre animalité et notre humanité et tenter de contrôler le reste en négociant, sans les refouler, avec nos côtés violents :

  • L’éducation
  • Le lien avec la nature: c’est un facteur important pour le bien être de notre espèce. Le sort qu’on lui fait illustre parfaitement ce que l’on s’inflige à soi-même: la nature en nous est tout aussi maltraitée.
  • Le rire
  • La place de la femme parce que d’une part notre vie est devenue plus facile et qu’il n’y a plus de raison de perpétuer l’écrasement de la femme pour se garder la nourriture rare (au passage voilà la raison de cette invention bizarre des chaussures à talons : tentative de compensation de notre petite taille due au fait que nous avons été affamées pendant des millénaires…eh oui, l’évolution aurait dû favoriser les grandes femmes à large bassin, mourant moins en couche, la différence de taille a certainement une raison autre que biologique) et que d’autre part la force physique n’est plus ce qui caractérise les points forts de notre espèce. L’homme aura à intégrer sa partie psychique féminine et la femme sa partie masculine.
  • Contrôler notre agressivité et notre violence innée,
  • Essayer de faire de son mieux d’un point de vue éthique.
  • Le langage, l’écriture
  • L’art, l’imagination, la beauté
  • Réguler les découvertes scientifiques et notamment les activités d’apprenti-sorciers autour de la génétique : nos enfants auront-ils encore le choix entre mourir et devenir des cyborg ? (bras dirigé par informatique, interface ordi/cerveau : Human Brain Project 2005, lapins fluos, projet de ressusciter Neandertal, etc.)
  • Au contraire, la prise en compte de la mort dans nos vies (faut-il sérieusement encore mendier 3 heures à son patron pour aller à l’enterrement d’un ami ??!! Mais dans quel monde vit-on ?)
  • Les croyances religieuses et la prise de conscience que ce qui était projeté sur des dieux extérieurs est en fait à dompter et apprivoiser dans notre psyché, car ainsi que le disait Nietzsche : « Dieu est mort » (Même si ces puissances se mettent en branle en lien avec l’extérieur, dans la relation au monde et à l’autre…je le sais car j’ai rencontré ces forces numineuses inimaginables  en plongeant dans ma psyché… mots dérisoires en comparaison avec cette expérience humaine). Cela implique d’essayer de devenir adulte et c’est loin d’être simple…cela implique aussi de connaître et d’affirmer notre individualité face à la masse. Martin Luther King parlait de devoir moral et de devoir intellectuel de ne pas se complaire dans la paresse intellectuelle, au risque de se laisser emporter dans des drames comme ceux du XXe siècle.
  • La fiction, se raconter…parce que nous sommes Hommes

 

  • DU TEMPS pour tout cela. Le temps de vivre, de réunifier notre être scindé à cause de la béné/malédiction de notre gros cerveau, à réconcilier avec notre âme de mammifère évolué puis, plus difficile, notre corps animal. Il faut pour cela un temps où on a conscience de vivre et où on n’est pas (trop) esclave de son patron, de son compte en banque, de son I phone.

Deux solutions s’offrent à nous :

– soit il faudra attendre une catastrophe écologique ou un changement climatique pour nous forcer à évoluer (très probable…) On sera alors contraints d’utiliser notre intelligence pour nous adapter. Et heureusement, si on trouve le moyen de s’autodétruire, d’autres espèces nous survivrons.

– soit il y aura suffisamment de personnes pour changer leur vie…et les sociétés changeront: on a le choix.

Comme je le dis souvent aux enfants qui doutent de leurs capacités : « Nous avons un cerveau d’homo sapiens, servons-nous en. »