Êtes-vous humains ? 2/3

Je débute cet article, qui a pour but de commencer à répondre aux quelques questions fondamentales posées dans l’article 1/3, par le clip d’une chanteuse française, dont les paroles sont fort justes. Elles évoquent notre héritage animal, notre spécificité humaine, notre Ombre (côté non conscient et donc destructeur et malfaisant)…à travers la musique et le langage, par lesquels passent nos émotions.

 

A l’aide du livre Sapiens, une brève Histoire de l’humanité (2015) de Yuval Noah Harari, professeur d’Histoire israélien, et du documentaire Premier homme (2017), dirigé par Pascal Picq, paléoanthropologue français, voici de quoi commencer à faire la part des choses. Il s’agit des dernières découvertes, nées de l’archéologie et de l’étude de l’évolution des espèces. Une donnée importante à souligner pour expliquer la précision des connaissances est que si toutes les branches filles d’une espèce ont une caractéristique commune, alors l’espèce mère la possède aussi.

Ce qui appartient à l’animal en nous :

Chez notre ancêtre grand singe catalan Pierola, 13 millions d’années

  • Le vivre ensemble, vivre en société (matriarcale pour celui-ci)
  • L’empathie, commune à d’autres espèces animales, ainsi que par conséquent les émotions
  • La marche debout (sur les branches des arbres)
  • L’apprentissage et donc le début d’une culture : exemple : la connaissance de l’herboristerie pour se soigner
  • Le rire
  • L’outil (bâton)
  • Les cadeaux

Chez notre ancêtre africain Toumaï, 6 à 7 MA. Il s’agit de notre ancêtre commun avec le chimpanzé :

  • L’apprentissage, les outils, la station debout se développent. La station debout a un impact sur les hanches des femelles qui se rétrécissent: la mortalité infantile est élevée mais dans le même temps les enfants qui naissent, prématurés par rapport aux autres mammifères, sont plus malléables pour apprendre. Cette station debout favorise aussi le développement de la main qui devient très habile.
  • La société est ici patriarcale. Alliance et violence se développent dans un début de pouvoir politique. Le meurtre et la guerre à petite échelle apparait pour s’approprier le bien de l’autre. La notion de territoire prend forme.
  • La préférence amoureuse, la séduction, le désir, l’accouplement face à face, l’échange de regard
  • Début du langage.
  • Conscience de la mort, début de sépultures, rituels et cérémonies sommaires. Le chimpanzé sait comme nous que la vie a une fin, il a conscience du temps qui passe.

Ce qui appartient à un entre-deux entre l’animal grand singe et l’animal homme, car tout n’est pas tranché, l’évolution étant progressive.

Chez notre ancêtre africain Naledi : 4 à 2 MA. Il s’agit d’un australopithèque. Ancêtre direct des paranthropes restés arboricoles comme Lucy, dont la lignée s’éteint vers 1 MA et de l’Homo Erectus, notre ancêtre.

  • Société patriarcale également, il semblerait que la dureté des temps (la nourriture manque…) ne favorise pas la condition des femelles/femmes. La loi du plus fort l’emporte.
  • Début de l’invention de nouveaux outils, d’une nouvelle façon de vivre : s’éloigner des arbres et de leur sécurité pour aller chercher la nourriture (charognes ?) au risque de rencontrer des prédateurs. L’imagination et l’intelligence commencent à se déployer. Le langage prend forme. Naledi anticipe ses besoins, fait des projets. La force ne suffit plus pour s’adapter, l’ingéniosité devient vitale pour survivre.
  • Cette nourriture apporte plus de nutriments au cerveau qui se développe et grossit.

Les hommes primitifs :

Ils migrent partout au nord et évoluent vers plusieurs Homo Erectus en Chine et en Europe.

  • Homo Erectus est très endurant, il chasse, est donc nomade, se construit des abris/camps.
  • Les clans peuvent être dirigés par un homme ou une femme, puisque l’ingéniosité, l’habileté politique, l’intelligence sont plus importants pour la survie et la vie. Le chef rend la justice, arbitre, répartit le travail selon les possibilités de chacun. La technologie est importante pour ces hommes, le troc apparait.
  • La découverte du feu, permet de cuire les aliments et la dépense énergétique pour digérer étant moindre, le cerveau grandit encore.
  • La sensibilité esthétique nait sans doute à ce moment.
  • Le couple nait à ce moment, les parures de la séduction aussi.
  • Grâce au cerveau gauche et à une modification du larynx, le langage a pu devenir très élaboré : l’homme raconte des histoires. Il parle du passé et de l’avenir. Cette fiction et les échanges permettent de faire tenir ensemble des sociétés avec de plus en plus de membres, car au naturel, nous sommes faits pour vivre par groupes de 12 à 50 maximum.

L’homo Erectus a pour descendants : l’homme de Pékin, de Solo et de Flores (Indonésie), Denisova (Asie centrale), Neanderthal (Europe) et leur contemporain

Homo sapiens, en Afrique, il y a 100 000 ans.

  • Les sociétés deviennent plus complexes.
  • Homo sapiens est plus inventif.
  • L’art nait, ainsi que les croyances, la croyance en la magie, l’écriture, la médecine, les sciences.
  • L’imagination de l’homo sapiens, combinée avec l’héritage des espèces ascendantes, mène à une complexité et une inventivité toujours plus importante. Il est le premier homme à naviguer. L’homo sapiens est un fabuleux rêveur…

Ce qui a permis à nos ancêtres d’autres espèces d’évoluer jusqu’à nous :

-La sécurité et le sommeil, la nourriture, la cuisson : le cerveau a grandi.

– La force puis l’ingéniosité des hommes.

– Les contraintes écologiques et changements climatiques qui ont poussé chacune des espèces de nos ancêtres à s’exiler et évoluer pour s’adapter à leurs nouvelles conditions de vie.

Dans le dernier article « Êtes-vous des humains ? 3/3 », je traiterai de l’évolution de l’homo sapiens depuis 70 000 ans: on n’en connait que les derniers fragments. Si vous avez auparavant envie de regarder le documentaire « Premier Homme » impressionnant de réalisme : en voici le lien sur Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=YgpYKUGrGeo

 

 

Êtes-vous humains? 1/3

Qui sommes-nous ? Quelle est notre place dans ce monde, dans cet univers ?

Nous sommes faits, comme tout le reste, d’atomes, de molécules.

CHON. Carbone, Hydrogène, oxygène, azote. H2O…l’eau, qui nous constitue à plus de 70 pour cent. De la même matière que l’air, les pierres,  organisée en matière organique. Et du vide. Nous sommes effectivement des « poussières d’étoiles ».

A une échelle différente, nous sommes un agrégat de cellules. Comprenant un système producteur d’énergie identique à celui de cellules isolées, comme celles apparues dans les océans il y a peut-être 4 millions d’années  ou celles qui peuplent notre corps. Les gènes de ces cellules constituent la vie. Destinés à coder, telle une imprimante 3D, un être vivant se perpétuant, se reproduisant.

Lorsqu’on observe les embryons d’animaux évolués (reptiles, batraciens, oiseaux, mammifères, etc.), il apparait qu’aux premiers stades de formation de ces êtres vivants, ils sont ressemblants et qu’ensuite, les différentes espèces se « spécialisent ». L’organogénèse nous différencie dans un premier temps des poissons et batraciens, ne possédant pas le même système respiratoire. Puis des reptiles, du fait de notre sang chaud entre autres. Puis des oiseaux, du fait de la locomotion et de la parturition, différentes. « L’homme » fait partie des Mammifères.

Nous sommes donc des animaux aériens, à sang chaud, qui se meuvent sur terre et agissent à l’aide de leurs 5 sens, qui faisons naître des petits entiers et les allaitons. La spécificité de notre espèce d’homo sapiens parmi les mammifères est d’une part, notre verticalité et d’autre part notre cerveau, très gros, nous dotant d’une conscience et d’une intelligence certaine. Sans en avoir le monopole, nous sommes de plus des animaux sociaux vivant dans des sociétés très organisées.

Les ressemblances avec les autres espèces vivantes sont bien plus présentes que les différences.  Par la digestion et la respiration, nous métabolisons de l’énergie. Nous sommes issus du même code que ces autres animaux : l’ADN, en perpétuelle modification. Nous ne sommes qu’une version parmi d’autres, une espèce destinée à disparaître comme toutes les autres, qui ont vu ou verrons apparaître tôt ou tard des branches cousines. Une pensée pour toutes les autres espèces d’hommes, aujourd’hui disparues (de notre main?…), parmi elles, l’homo neandertalis.

Nous appartenons à une espèce en marche, qui se modifie jour après jour, naissance après naissance, mort après mort, comme dans un mouvement d’avalanche ou les volutes de neige se déversent en s’enroulant. Ainsi se déverse l’univers à une autre échelle.

Nous connaissons plutôt bien notre volet conscient : l’intelligence vers le positif comme vers le négatif, la raison, les inventions, le langage, les outils dans lesquels notre espèce est spécialisée, la construction, l’exploitation de la nature. De quoi alimenter les podcasts de France Inter et les programmes scolaires.

Nous sommes une espèce spéciale : nous sommes amis avec nos chiens, nous peignons des tableaux, nous avons des poils très longs sur la tête, nous croyons souvent en un dieu, ou en plusieurs, nous construisons des temples de l’outil : les centres commerciaux. Tout est complexe chez nous : la musique par rapport au chant simple des oiseaux, les jeux avec des stades de foot remplis quand les autres animaux jouent de manière moins organisée. La liste est infinie.

Où résident exactement nos différences avec les autres mammifères ? Celles  de l’intelligence raisonnée ne m’intéressent pas, on ne les connait que trop. Il me reste une volonté (paradoxale, j’admets !) de comprendre : qui sommes-nous d’un point de vue animal, instinctif (ça, nous l’avons oublié) et d’un point de vue spirituel où beaucoup reste à découvrir également. Notre passé et notre avenir…

Peut-être est-ce d’ailleurs la même chose…

Ce qui n’est pas conscient, raisonné pourrait justement nous rappeler ce qui fait l’humanité de notre espèce. Qu’avons-nous oublié de notre nature animale? Qu’en développer, qu’en juguler?  Qu’est-ce qui fait la spécificité de notre statut d’être humain par rapport aux autres animaux ? Répondre à ces questions conditionnera sans doute notre avenir et celui de nos enfants. Nous sommes les seuls dieux en ce monde, il serait temps que nous créions l’homme.

 

Photos de rêves

Voici les oeuvres oniriques de trois photographes actuels:

Version cauchemars:

http://www.appy-geek.com/Web/ArticleWeb.aspx?regionid=2&articleid=86631981

Et version rêves:

J’en profite pour placer la mienne, 🙂

paris-06-10-12-024

Plus sérieusement, j’aime les photos de Chema Madoz…

http://www.chemamadoz.com/

…et de ma chouchoute Maïa Flore.

http://www.maiaflore.com/

Je vous souhaite une belle visite de leur site!

Portez-vous bien.